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Un plombier fut appelé pour un problème de chauffage urgent
dans une maison très ancienne.
— L’eau arrive péniblement, déclara le propriétaire des lieux.
Il n’est besoin que de remplacer ma chaudière.
— En êtes-vous bien sûr ? répondit le plombier.
— Puisque je vous le dit ! J’habite cette maison depuis
longtemps. Je la connais mieux que vous. Changez-moi la
chaudière ou partez ! Par ce froid, il faut rapidement réparer.

tiré des Fabliaux du Management par françois CHARLES

Le plombier, ayant déjà fort à faire, ne discuta pas et
s’exécuta. Le travail réalisé, il vint trouver le propriétaire et lui
dit :
— Voilà, vous avez une belle chaudière qui fonctionne, vous
pouvez signer le bon de travaux où j’ai inscrit « une demande
unique et expresse de chaudière », comme vous le désiriez.
Mais ne la faites pas marcher trop fort les premiers temps, car
votre installation est ancienne et elle supportera peut-être mal
une brusque évolution du flux, conseilla-t-il.
Le lendemain, le plombier reçu un appel :
— Qu’avez-vous fait ? Je me suis couché en montant le
chauffage et je me suis réveillé ce matin avec une énorme fuite !
Venez vite me dépanner !
Et notre plombier de répondre :
— Vos exigences entameront certainement ma réputation,
restons-en là, à moins que vous ne me laissiez faire mon métier.
Enseignement
Ce n’est pas parce que le client est roi qu’il faut mettre en péril
d’un coup un professionnalisme chèrement acquis.


Par éthique et souci de pérennité, n’acceptez pas n’importe
quel travail. Valorisez-le plutôt par un conseil avisé. Dès qu’une
chose est mal faite, huit personnes sur dix en parlent. Personne
ne vous reprochera d’avoir refusé le travail à cause des risques
– non maîtrisables – qu’il peut comporter.
Changer une partie de l’installation risquait de produire une
réaction en chaîne par afflux d’une trop grande pression dans
des tuyaux entartrés. Le plombier l’avait identifié. Faites plaisir
à vos clients, mais limitez vos risques en cas de litige !
Il est souvent intéressant de s’approprier des constats
technologiques et physiques pour les appliquer au management
: résoudre un problème peut en créer ou en dévoiler un
autre, si l’on ne réfléchit dans une perspective globale.
En termes de vision globale et de culture, un grand cabinet
avait réalisé, pour une administration, une mission d’optimisation
des délais avant signature. Rappelant son client, le
consultant fut surpris d’entendre que ce dernier constatait les
mêmes délais en final : l’optimisation gagnée en amont
s’étaient en fait reportée en phase de signature ! La faute était
certainement due à une caste de signataires rongeant leur frein
de n’avoir pu exercer tout leur pouvoir lors de la préparation…
Le consultant n’avait-il pas subodoré cet aléa, ne l’avait-il
pas posé en postulat pour, soit éviter d’intervenir, soit protéger
son travail ? Devait-il ou non suivre l’attitude du maçon que
nous allons découvrir dans le fabliau suivant ?

LES FABLIAUX DU MANAGEMENT
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