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Publié par NOVIAL INSTITUTE SAS - Groupe NOVIAL - NOVIAL CONSULTING

En cette fin de festival de Cannes, il est important de comprendre l’accompagnement qui peut aider au succès d’un film, souvent par un simple coup de baguette magique ou un coup de laser sur un grain de sable : celui du coaching d’acteur de cinéma, voire de réalisateur.

Par François CHARLES

Coach professionnel, conseil, formateur en stratégie, management et développement personnel, créateur du modèle SPM®

J’ai pu vivre l’expérience du cinéma lors de mes nombreux tournages pendant 10 ans, avec un alibi de figurant, avec parfois des petits rôles où j’ai même pris une fois, sur le champ, de par certaines prédispositions et qualités remarquées, la place d’un acteur professionnel à ses dépends sur décision d’un réalisateur bien connu. J’ai donné la réplique à de grands noms, en m’y croyant déjà avec des « on se la refait », ou en faisant la bise à de belles actrices célèbres, avec des scènes retenues ou hélas coupées. Cela me permettait de vivre momentanément dans un milieu différent du monde industriel en fréquentant des acteurs mais également des producteurs qui me parlaient des problématiques relationnelles et des risques financiers comme finalement dans l’industrie. Cela me permettait aussi de me fondre dans le métier et de comprendre le rôle des myriades d’assistants, les phénomènes de jeux, les situations de force mais aussi de volonté de compréhension des uns et des autres pour faire un bon film. Mon stage au cours Florent « l’acteur devant la caméra » m’a aussi aidé à mieux comprendre les adaptations plus ou moins agréables que l’on peut demander à l’acteur.

C’est au cours d’un de ces tournages que j’ai pu déceler un vrai besoin de facilitation par une demande indirecte de l’acteur vedette qui avait des difficultés de dialogue avec le réalisateur. Le succès du film en fut peut être lié. Un autre exemple d’accompagnement fut ce tournage dans un lieu, où je venais d’ailleurs généralement comme client, où la jeune actrice qui n’en pouvait plus de l’intransigeance du réalisateur, et qui était à bout de force en tournant même avec une entorse mal soignée, m’a demandé de l’aide. J’ai eu encore cet autre exemple d’une actrice qui avait tellement froid qu’elle ne pouvait jouer et qui a apprécié mes fioles de potion magique PNL ou de cet acteur qui préférait se ressourcer vers les figurants …

L’acteur de cinéma, comme le cadre ou le collaborateur en entreprise, doit mieux que quiconque savoir qui il est et prendre conscience qu’il peut franchir la ligne imaginaire de chaque action après avoir fait le point sur les éléments contrôlables et incontrôlables potentiels afin d’assurer son rôle pleinement. Il peut connaître ses forces et ses faiblesses face à un scénario puis face à la situation rencontrée et à ce qu’attend le public. Il peut connaître ses préférences de fonctionnement, ses zones d’ombres, sa devise, savoir comment il se voit, comment les autres le voient ou doivent le voir et savoir ce que les autres doivent ou non savoir. Il peut réaliser qu’il est possible de gérer son énergie et qu’un réapprentissage permanent ainsi qu’une interdépendance entre lui et le personnage de son scénario, qu’il a accepté, sont souvent salvateurs. La confiance et l’osmose, parfois assurées par l’équipe que le réalisateur « parent » saura ou non créer avant le tournage, pourra aussi l’aider à faire passer certains messages et mieux se mettre dans la peau de son personnage et de ses émotions en changeant ou non de personnalité, telle la chrysalide qui devient papillon. Il en va souvent de la réussite du film.

L’acteur peut repasser autant de fois qu’il le veut ou qu’on le lui impose mais se fond dans un personnage, parfois en changeant d’apparence physique pour les besoins d’un film, et doit montrer des émotions sur grand écran sans savoir qui va le voir. Il n’aura souvent comme miroir pendant le tournage que celui du réalisateur, et ne saura pas forcément s’il a fait une erreur, sauf s’il visionne les rush ce qui est rare. Et souvent, l’acteur ne va pas voir ses films…

Il peut comprendre qu’il est possible de réguler sont stress face à une situation inhabituelle, d’effacer les éléments noirs de son cerveau et de se ressourcer intérieurement pour que ses problèmes personnels et son humeur changeante n’impactent pas sur son personnage ni avec le réalisateur avec lequel il est parfois en relation de force mais avec qui il doit échanger et travailler.. Il peut se ressourcer en équilibrant sa journée de tournage entre les passe-temps en bavardage, les rituels à la table régie plus ou moins garnie en fonction du budget ou alors au maquillage. Il peut utiliser les phases de retrait et d’intimité en osant dire si ça ne va pas ou en jouant psychologiquement sur le tournage (certains acteurs se reconnaîtront).

Souvent l’acteur de cinéma, qui vit de façon plus éphémère que le comédien de théâtre, devra faire l’acceptation des cycles. Il devra savoir faire le deuil du film qui n’a pas marché pour passer à autre chose. Mais il devra le faire en comprenant avant d’oublier trop vite sans prendre conscience du boulet qu’il va tirer. Reste à savoir à cause de qui ou de quoi un film marche ou ne marche pas…Mais il devra aussi savoir capitaliser une œuvre qui a été ovationnée ainsi que tous les signes de reconnaissances reçus pour s’en servir sur certaines situations difficiles. En fonction des types de personnalités, certains y parviendront mieux que d’autres, c’est ainsi.

Qu’il estime avoir ou non besoin d’accompagnement humain, il doit savoir que des techniques psychologiques, transactionnelles et de processus utilisées en entreprise sont là pour l’aider à atteindre ses objectifs et mieux gérer certaines situations sans attendre l’expérience des années. En plus de celles déjà abordées (SWOT, PCM, deuil, interdépendance…), nous citerons la respiration, la visualisation, la position « méta », le MBTI, l’Ennéagramme, l’écoute active, l’ancrage, le recadrage, le contrôle de l’énergie et des émotions...

Le comédien de théâtre peut aussi avoir besoin d’accompagnement pour des raisons et des réalités similaires mais également différentes qui peuvent être des avantages ou des inconvénients. Le Il joue la comédie, répète maintes fois et ensuite passe en direct dans un lieu à la fois devant son public qu’il voit, qu’il ressent et avec lequel il peut s’adapter immédiatement. Si le comédien fait une erreur elle sera ancrée mais pourra être rattrapée immédiatement d’une séance à l’autre, voire pendant la séance en espérant que le public reviendra car les mauvais ressentis se propagent plus vite que les bons, quel que soit l’environnement.

Le comédien doit être au mieux de sa forme de nombreux jours pendant deux heures quand l’acteur doit l’être toute une journée ou en soirée. L’acteur est choisi et doit apprendre à travailler avec d’autres alors qu’une « troupe de théâtre » a priori plus soudée se forme souvent d’elle-même. La chose est bien connue également en entreprise.

Faut il contenter tout le monde ou une certaine catégorie de spectateurs ? Faut-il donner une importance relative au critique de cinéma qui ne doit pas oublier qu’il n’est leader d’opinion que d’une partie du public quand il ressent ou non quelque chose. Faut-il donner plus de crédits aux commentaires des pairs sachant que les avis peuvent ne pas être partagés par le public ? L’essentiel est de récompenser des films « qui font avancer le cinéma ». Parfois l’unanimité est créée par l’alimentation de toutes les parties du cerveau (logiques, logistiques, relationnelle et conceptuelle) sans le savoir ou avec méthode. Mais il en est de même pour les danseuses du Lido et surtout de la meneuse etc…

Quant au réalisateur … c’est une autre histoire que je vous conterai une prochaine fois !

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