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Publié par NOVIAL INSTITUTE SAS


Comme tous les matins, John Malcolm termine son petit
déjeuner et se dirige vers le miroir du meuble magique.
— Bonjour miroir.
— Bonjour John. Comment allez-vous ce matin ?
— J’ai connu une nouvelle nuit agitée, mais tout va bien.
— Ah, je vois.
— Comment cela, comment peux-tu lire mes rêves ?
— Je sais tout sur toi, et tes rêves ne reflètent que la réalité.
— Tu crois tout savoir de moi ?
— Je sais tout, certains faits ne m’ont été rapportés que
tardivement, mais je n’ignore rien.
— Vraiment rien ?
— Oui. Nous n’en avions jamais parlé mais cet enfant que tu
n’as pas voulu reconnaître, ce subordonné qui a supporté la
faute dont tu étais le vrai coupable, la tricherie dont tu as fait
preuve pour avoir ce que tu sais…
— Oh, j’étais jeune.
— Disons que tu restes jeune. Aurais-tu le courage de relire
ton journal ? As-tu vraiment changé ? Es-tu désormais honnête
avec toi et envers les autres. L’homme d’influence que tu es ne
méprise-t-il pas désormais l’innocent que tu étais ? Ne fais-tu
pas peser la lourdeur de la hiérarchie sur les autres ? Suis-tu
toujours tes convictions ou t’arrive-t-il de retourner ta veste ?
— Comme tu es désagréable, une fois de plus.
— Je suis ta conscience, rappelle-t-en. Bonne journée John.
John Malcolm sort alors un revolver d’un des tiroirs du
meuble et tire sur la glace… comme chaque matin.


Enseignement


Si avancer vaut mieux que culpabiliser, l’exercice de remise en
question de soi est précieux pour le manager : il l’aide à garder
les pieds sur terre et à s’assurer que les wagons suivent la
locomotive.
N’avez-vous jamais reporté une faute sur d’autres alors que
vous vous étiez pris seul les pieds dans le tapis ? Vous cachezvous
la vérité, rassurez-vous vos collaborateurs par devant et
licenciez-vous par derrière, pour ne pas affronter votre conscience
et votre – réelle – solitude ? N’avez-vous jamais tenté d’utiliser
tous les stratagèmes pour préserver votre poste vis-à-vis d’un
subordonné à plus fort potentiel, en « démontrant » son
incapacité, la façon qu’il a – selon vous – de se laisser
manoeuvrer ?
Savez-vous enfin manier le « faites ce que je dis, ne dites pas
ce que je fais ? » et le « tu-voiement »1 ?
Est-ce cela le pouvoir ? Est-ce une stratégie d’entreprise ou
personnelle ? N’est-ce pas soi-même que l’on combat comme
dans le miroir ?
S’endetter personnellement pour rembourser ses fournisseurs
avant de déposer le bilan n’est-il pas plus noble que de
vider les caisses et de faire peser la fatalité sur les impératifs
économiques et la compétitivité ?
Ne faut-il pas savoir reconnaître et accepter ses failles, ses
échecs, ses défauts, savoir faire face au regard des autres sur ce
que l’on croit avoir pu cacher, montrer son ouverture d’esprit
et faire réapparaître sa vraie nature ?
Certes, il faut également savoir reprendre la main pour
avancer. Avancer peut signifier de nouveau bâtir, mais aussi
décider à un certain moment d’enseigner, d’écrire, de chanter,
de jardiner, de pêcher, ne pas aller passer le concours de l’ENA
pour s’occuper plutôt de ses rosiers… Pour mieux repartir et
aller de l’avant dans sa voie propre, sans forcer le destin.


1 Contraction du tutoiement et du vouvoiement avec basculement voulu ou
non de l’un vers l’autre.

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